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Au Québec, la grande majorité des marathons se courent à l'automne, entre la mi-septembre et la mi-octobre. Le Marathon de Montréal, celui de Québec, le Marathon des Deux Rives ou encore les épreuves de fin de saison tombent toutes pendant cette fenêtre où les températures fraîches sont idéales pour l'effort. Le hic, c'est que pour arriver prêt en septembre, le gros de votre préparation, de 16 à 20 semaines, tombe en plein coeur de l'été québécois, avec sa chaleur, son humidité et ses maringouins.
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Courir 30 kilomètres un dimanche matin de juillet quand le mercure grimpe à 28 degrés et que le taux d'humidité fait suffoquer, c'est une tout autre affaire que de s'entraîner à l'automne. La bonne nouvelle, c'est que si vous encaissez les rigueurs de l'été, vous vous présenterez au départ de votre marathon d'automne avec un avantage énorme : votre corps aura appris à performer dans des conditions difficiles, et il se sentira léger dans l'air frais de septembre. Voici comment traverser l'été sans y laisser votre motivation ni votre santé.
La chaleur est l'ennemi numéro un du coureur d'endurance estival. Quand il fait chaud et humide, le corps doit détourner une partie de son sang vers la peau pour se refroidir, ce qui laisse moins d'oxygène pour les muscles. Résultat : votre fréquence cardiaque grimpe, votre allure ralentit et l'effort perçu explose, même à une vitesse que vous trouvez habituellement facile.
La stratégie la plus efficace reste de choisir le bon moment de la journée. Au Québec, les meilleures fenêtres pour courir l'été sont :
Surveillez aussi l'indice humidex et les avertissements de chaleur d'Environnement Canada. Lors des journées de smog ou de canicule extrême, il vaut mieux déplacer sa séance sur un tapis roulant à l'intérieur que de mettre sa santé en jeu.
En été, on peut perdre plus d'un litre de sueur par heure de course. Une hydratation négligée mène rapidement à la baisse de performance, aux crampes et, dans les cas graves, au coup de chaleur. Il ne suffit pas de boire pendant la course : l'hydratation se joue toute la journée.
Pour approfondir votre stratégie de ravitaillement pendant l'effort, consultez notre guide sur l'hydratation et nutrition en course à pied.
Le corps humain a une capacité remarquable à s'adapter à la chaleur. En courant régulièrement par temps chaud pendant 10 à 14 jours, votre organisme apprend à mieux réguler sa température : vous commencez à transpirer plus tôt et plus abondamment, votre sueur devient moins salée et votre volume sanguin augmente. C'est ce qu'on appelle l'acclimatation à la chaleur.
Cette adaptation est précieuse. Non seulement elle rend vos entraînements estivaux plus supportables, mais elle améliore aussi votre performance générale. Certains coureurs recherchent même volontairement la chaleur en préparation. L'important est d'y aller progressivement : réduisez votre allure et votre volume les premiers jours de canicule, puis augmentez graduellement à mesure que votre corps s'ajuste. Ne forcez jamais une acclimatation brusque, c'est ainsi qu'on se blesse ou qu'on tombe malade.
Voici l'erreur classique de l'été : vouloir maintenir à tout prix les allures inscrites dans son plan alors que le thermomètre dit le contraire. Par forte chaleur, une même allure demande beaucoup plus d'effort. Vouloir tenir un rythme de tableau par 30 degrés, c'est courir vers l'épuisement ou la blessure.
Apprenez à courir à l'effort plutôt qu'au chrono lors des journées chaudes.
Cette flexibilité fait partie intégrante d'un bon plan marathon. Un plan est un guide, pas une loi gravée dans le roc.
L'été québécois apporte son lot de désagréments au-delà de la chaleur. Le soleil, d'abord : une longue sortie sans protection peut mener à un vilain coup de soleil, voire à une insolation. Appliquez une crème solaire résistante à l'eau, portez une casquette ou une visière et des lunettes de soleil. Les vêtements de course à protection UV sont aussi une bonne option.
Les moustiques et les mouches noires, ensuite, transforment vite une sortie en forêt en cauchemar, surtout en juin et juillet. Si vous courez sur des sentiers ou près de l'eau, un chasse-moustiques peut sauver votre séance. Beaucoup de coureurs préfèrent d'ailleurs les parcours dégagés et ventés l'été pour éviter ces indésirables.
Côté terrain, privilégiez les parcours ombragés le long des rivières, les pistes cyclables bordées d'arbres ou les grands parcs. L'ombre fait une différence considérable sur la température ressentie. Repérez aussi les points d'eau potable sur votre trajet, ils deviennent précieux lors des grandes chaleurs.
La sortie longue est la pierre angulaire de la préparation marathon, et c'est aussi la plus délicate à gérer en été. Courir deux ou trois heures sous la chaleur exige une planification sérieuse.
Voici la récompense de tous ces efforts estivaux. Après avoir sué pendant des semaines à traîner votre carcasse dans l'humidité de juillet, imaginez la sensation le matin de votre marathon d'automne : 12 degrés, air sec, ciel bleu. Votre corps, habitué à performer dans des conditions bien plus dures, va littéralement se sentir libéré.
Physiologiquement, courir dans le frais permet de maintenir une fréquence cardiaque plus basse à la même allure, de mieux réguler la température corporelle et de retarder la fatigue. Les allures qui vous semblaient pénibles en été deviennent soudainement accessibles. C'est l'un des grands secrets des coureurs québécois : un été d'entraînement dans la chaleur prépare un automne de performances. Vous avez payé d'avance, il ne reste plus qu'à encaisser les dividendes.
À mesure que septembre approche et que votre course d'objectif se rapproche, les matinées commencent à fraîchir. Cette transition est le moment idéal pour peaufiner votre préparation et ajuster quelques détails.
Cette phase coïncide souvent avec l'affûtage, ces deux ou trois dernières semaines où l'on réduit le volume pour arriver frais et dispos au jour J.
Le bon matériel fait une réelle différence pour survivre à l'entraînement d'été. Voici l'essentiel à réunir avant d'attaquer vos grosses semaines.
Préparer un marathon d'automne pendant l'été québécois, c'est accepter de payer d'avance dans la chaleur et l'humidité pour récolter les fruits dans l'air frais de septembre. En courant tôt le matin ou en soirée, en soignant votre hydratation, en vous acclimatant progressivement et en adaptant votre allure aux conditions, vous traverserez l'été en santé et vous vous présenterez au départ mieux préparé que jamais. Le secret n'est pas de combattre l'été, mais de composer intelligemment avec lui. Prêt à choisir votre objectif ? Consultez les marathons d'automne au Québec et parcourez le calendrier des courses au Québec pour trouver l'épreuve qui vous fera vibrer cet automne.
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Photo : Pexels