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Coureur en entraînement de marathon sur un sentier québécois à l'automne
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Plan d'entraînement marathon : programme de 16 à 20 semaines

Sébastien Ross·14 juillet 2026·9 min

Le marathon, c'est 42,195 kilomètres qui se préparent bien avant la ligne de départ. Contrairement au 5 km ou au 10 km qu'on peut improviser avec un peu de forme physique, la distance mythique ne pardonne pas l'improvisation. Un plan structuré sur 16 à 20 semaines demeure la façon la plus fiable de se présenter au départ en santé, confiant et capable de courir la distance sans s'écrouler au fameux mur du 30e kilomètre.

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Ce guide vous propose une structure complète, adaptée à la réalité québécoise, pour bâtir votre préparation. Que vous visiez un premier marathon ou un chrono personnel, les principes restent les mêmes : progression graduelle, patience et respect de votre corps. Voyons comment organiser ces quatre ou cinq mois d'entraînement pour arriver au sommet de votre forme le jour J.

Les prérequis avant de viser un marathon

Avant même d'ouvrir un calendrier d'entraînement, assurez-vous d'avoir des bases solides. Le marathon n'est pas la bonne distance pour débuter la course à pied. Idéalement, vous devriez déjà avoir à votre actif au moins six mois à un an de pratique régulière.

  • Courir confortablement de 3 à 4 fois par semaine sans blessure.
  • Avoir déjà complété un 10 km, et de préférence un demi-marathon.
  • Tolérer un volume hebdomadaire d'environ 30 à 40 km avant de commencer le plan.
  • Disposer d'une paire de souliers adaptée à votre foulée. Un passage en boutiques spécialisées pour une analyse de foulée est un investissement judicieux.
  • Bénéficier d'un feu vert médical si vous avez plus de 40 ans ou des antécédents cardiovasculaires.

Si vous ne cochez pas ces cases, prenez d'abord quelques mois pour construire votre endurance de base. Le marathon vous attendra l'année prochaine, et vous l'apprécierez davantage bien préparé.

La structure d'un plan de 16 à 20 semaines

Un bon plan marathon se divise en phases distinctes, chacune ayant un objectif précis. Cette périodisation permet au corps de s'adapter progressivement tout en évitant le surentraînement.

Phase 1 : la base (semaines 1 à 6)

L'objectif est de construire l'endurance fondamentale. On accumule du volume à intensité modérée, sans se soucier de la vitesse. La majorité des sorties se font en aisance respiratoire, c'est-à-dire à une allure où vous pouvez tenir une conversation. C'est le moment de développer votre capacité aérobie et de renforcer tendons, ligaments et muscles.

Phase 2 : le développement (semaines 7 à 12)

On introduit du travail de qualité : séances de seuil et fractionnés. Le volume continue d'augmenter et les sorties longues s'allongent. C'est la phase la plus exigeante, où l'on bâtit véritablement la capacité à soutenir un effort prolongé à l'allure marathon.

Phase 3 : le pic (semaines 13 à 16 ou 18)

Le volume atteint son maximum et les sorties longues culminent autour de 30 à 35 km. C'est ici que vous simulez les conditions de course, notamment sur le plan nutritionnel. Les séances spécifiques à l'allure marathon deviennent centrales.

Phase 4 : l'affûtage ou taper (2 dernières semaines)

On réduit progressivement le volume pour permettre au corps de récupérer complètement et d'emmagasiner de l'énergie. Contre-intuitivement, c'est en courant moins que vous deviendrez plus fort le jour de la course.

Les types de sorties à intégrer

Un plan équilibré combine différents types d'entraînement, chacun sollicitant des systèmes physiologiques distincts. Varier les séances est la clé de la progression.

  • La sortie longue : le pilier du plan marathon. Courue lentement, elle habitue le corps à durer et améliore l'utilisation des graisses comme carburant.
  • La séance de seuil : un effort soutenu mais contrôlé, généralement de 20 à 40 minutes à une allure inconfortable mais gérable. Elle repousse le seuil lactique, ce qui vous permet de tenir une allure plus rapide plus longtemps.
  • Le fractionné : des répétitions rapides entrecoupées de récupération, par exemple 6 fois 800 mètres. Ce travail développe la puissance aérobie et l'économie de course.
  • La sortie de récupération : courue très lentement, elle favorise la circulation sanguine et l'élimination des déchets métaboliques sans ajouter de fatigue.

Pour déterminer vos allures précises pour chacune de ces séances, notre calculateur d'allure vous donne des repères fiables à partir d'un temps récent sur une distance connue.

Le volume hebdomadaire progressif

La règle d'or est de ne jamais augmenter votre volume de plus de 10 % d'une semaine à l'autre. Cette progression graduelle laisse au corps le temps de s'adapter et réduit considérablement le risque de blessure.

Une structure efficace suit un cycle de trois semaines de progression suivies d'une semaine allégée, dite semaine de récupération, où l'on réduit le volume d'environ 20 à 30 %. Ces semaines de décharge sont essentielles : c'est pendant le repos que le corps se renforce, pas pendant l'effort.

Un coureur intermédiaire visant à terminer son marathon pourra progresser d'un volume de départ de 35 km par semaine jusqu'à un pic de 55 à 65 km. Les coureurs plus ambitieux visant un chrono peuvent monter à 70-90 km et plus, mais cela demande de l'expérience et une excellente capacité de récupération.

La sortie longue : progresser jusqu'à 30-35 km

Si vous ne deviez retenir qu'une seule séance, ce serait celle-là. La sortie longue prépare autant le corps que le mental. Augmentez sa durée graduellement, généralement de 2 à 3 km par semaine, avec une réduction lors des semaines de récupération.

La progression typique pourrait ressembler à ceci : partir de 18-20 km en début de plan, puis grimper vers 25, 28, 30, jusqu'à un maximum de 32 à 35 km trois semaines avant la course. Il n'est généralement pas recommandé de dépasser 35 km à l'entraînement : le rapport bénéfice-risque devient défavorable, la fatigue accumulée nuisant plus qu'elle n'aide.

Courez ces sorties lentement, soit environ 45 à 75 secondes par kilomètre plus lentement que votre allure marathon visée. L'objectif n'est pas la vitesse, mais l'endurance et l'adaptation. Certaines sorties longues peuvent inclure des portions à l'allure marathon pour habituer le corps au rythme de course.

Nutrition et le mur du 30e kilomètre

Le fameux mur survient lorsque les réserves de glycogène s'épuisent, généralement autour du 30e kilomètre. Le corps ne peut stocker qu'environ 90 à 120 minutes de glycogène à intensité marathon. Sans apport externe, la panne est inévitable.

La solution passe par une stratégie nutritionnelle rodée à l'entraînement :

  • Consommez de 30 à 60 grammes de glucides par heure durant l'effort, sous forme de gels, de boissons énergétiques ou de bonbons.
  • Commencez à vous alimenter tôt, dès la 45e minute, sans attendre de ressentir la fatigue.
  • Hydratez-vous régulièrement en petites quantités, en intégrant des électrolytes lors des efforts prolongés.
  • Testez tout à l'entraînement lors de vos sorties longues. Rien de nouveau le jour de la course, ni gel, ni boisson, ni déjeuner inhabituel.

Dans les jours précédant la course, plusieurs coureurs augmentent leur apport en glucides afin de maximiser les réserves de glycogène. Cette recharge, combinée à un affûtage bien mené, fait toute la différence dans les derniers kilomètres.

L'affûtage des deux dernières semaines

L'affûtage, ou taper, est la phase la plus mal comprise, et pourtant l'une des plus déterminantes. Après des mois d'accumulation de fatigue, ces deux semaines permettent une supercompensation : le corps récupère et se retrouve plus fort qu'auparavant.

  • Réduisez le volume total d'environ 20 à 30 % la première semaine, puis de 40 à 60 % la dernière semaine.
  • Conservez un peu d'intensité pour rester affûté, mais raccourcissez les séances.
  • La dernière sortie longue, autour de 30-35 km, se fait trois semaines avant la course.
  • Dormez davantage et surveillez votre alimentation.

Beaucoup de coureurs se sentent nerveux, lourds ou même patraques durant l'affûtage. C'est normal, on appelle cela les jambes de taper. Faites confiance au travail accompli et résistez à l'envie de courir davantage. Le mal que vous pourriez vous faire à ce stade est bien plus grand que le bien.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • Augmenter le volume trop vite : la cause numéro un des blessures de surcharge.
  • Courir les sorties lentes trop rapidement : l'endurance se bâtit à basse intensité. Trop d'intensité mène à l'épuisement.
  • Négliger la récupération : sommeil, jours de repos et semaines allégées ne sont pas optionnels.
  • Sauter le travail de renforcement : gainage et musculation préviennent les blessures.
  • Improviser la nutrition : tester sa stratégie alimentaire le jour de la course est une recette pour l'échec.
  • Partir trop vite le jour J : la discipline dans les premiers kilomètres se paie en dividendes après le 30e.

Adapter son entraînement au climat québécois

Au Québec, la plupart des marathons ont lieu à l'automne, en septembre ou octobre. Cela signifie que le gros de l'entraînement se déroule durant l'été, souvent en pleine chaleur et humidité. Cette réalité impose quelques ajustements.

  • Planifiez vos sorties longues tôt le matin, avant la canicule.
  • Redoublez de vigilance sur l'hydratation et les électrolytes durant les mois chauds.
  • Ne vous découragez pas si vos allures sont plus lentes par forte humidité : votre corps travaille plus fort qu'il n'y paraît.
  • Si vous préparez plutôt un marathon de printemps, une bonne partie de vos séances se fera dans le froid et sur des surfaces enneigées ou glacées. Adaptez votre équipement avec des crampons amovibles et prévoyez des séances sur tapis roulant au besoin.

Consultez le calendrier des marathons pour choisir une épreuve qui correspond à votre calendrier d'entraînement et à vos préférences saisonnières.

Un exemple de semaine-type

Voici à quoi pourrait ressembler une semaine durant la phase de développement, pour un coureur intermédiaire visant à terminer son marathon avec un volume d'environ 55 km :

  • Lundi : repos complet ou marche légère.
  • Mardi : fractionné, 3 km d'échauffement, 6 fois 800 m à allure soutenue avec 2 minutes de récupération, 2 km de retour au calme. Environ 11 km.
  • Mercredi : sortie facile en endurance, 8 km à allure de conversation.
  • Jeudi : séance de seuil, 3 km d'échauffement, 6 km à allure de seuil, 2 km de retour au calme. Environ 11 km.
  • Vendredi : repos ou entraînement croisé, vélo ou natation.
  • Samedi : sortie de récupération très lente, 6 km.
  • Dimanche : sortie longue, 28 km à allure lente, avec pratique de la nutrition.

Cette structure alterne effort et récupération tout en couvrant tous les types de séances essentiels. Ajustez les distances et les allures selon votre niveau et vos objectifs.

Conclusion

Préparer un marathon est un projet exigeant mais profondément gratifiant. En respectant une progression graduelle sur 16 à 20 semaines, en variant vos séances, en soignant votre nutrition et en affûtant intelligemment, vous vous donnez toutes les chances de franchir la ligne d'arrivée en beauté. La patience et la constance battent toujours l'intensité mal dosée. Prêt à relever le défi ? Consultez le calendrier des courses au Québec pour trouver le marathon qui deviendra votre prochain objectif.

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Photo : Pexels

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