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Coureur préparant sa nutrition avec fruits, gruau et bouteille d'eau avant une sortie
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Nutrition du coureur : avant, pendant et après la course

Sébastien Ross·12 juillet 2026·9 min

La course à pied, c'est bien plus que des jambes qui bougent et un cardio qui s'améliore. Ce que vous mettez dans votre assiette, avant, pendant et après vos sorties, influence directement votre énergie, votre récupération et votre plaisir de courir. Bien manger ne veut pas dire suivre un régime compliqué : ça veut dire comprendre quelques principes simples et les adapter à votre réalité de coureur québécois.

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Dans cet article, on démystifie la nutrition du coureur du début à la fin d'un entraînement. On parle des bases, du timing des repas, des gels et des glucides pendant l'effort, de la fameuse récupération et de la charge en glucides avant un marathon. Rien de sorcier, juste des repères concrets. Gardez en tête que chaque corps est différent : ce texte donne des balises générales et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de la santé ou d'une nutritionniste.

Les bases : comprendre ses carburants

Avant de parler de gels et de collations, il faut comprendre les grandes familles de nutriments. Chacune joue un rôle distinct pour le coureur, et aucune n'est à diaboliser.

Les glucides : le carburant numéro un

Les glucides sont la principale source d'énergie pendant l'effort. Votre corps les emmagasine sous forme de glycogène dans les muscles et le foie. Plus vos réserves sont pleines, plus vous tenez longtemps avant de frapper le fameux « mur ». Pour un coureur actif, les glucides devraient occuper une place importante dans l'alimentation quotidienne. On les retrouve dans les pâtes, le riz, les patates, le pain, les céréales, les fruits et les légumineuses.

Les protéines : réparer et reconstruire

Les protéines ne servent pas seulement aux culturistes. Après un effort, elles réparent les micro-déchirures musculaires et favorisent l'adaptation à l'entraînement. Les sources québécoises abondent : oeufs, poulet, poisson, tofu, yogourt grec, fromage, légumineuses et noix. Un apport réparti sur la journée est généralement plus utile qu'une seule grosse portion.

Les lipides : de l'énergie de fond

Les bons gras (huile d'olive, avocat, noix, poissons gras) soutiennent l'énergie de longue durée, l'absorption de certaines vitamines et la santé générale. On les consomme surtout en dehors des fenêtres d'effort intense, car ils digèrent lentement. Inutile de les craindre : ils font partie d'une alimentation équilibrée.

L'hydratation : le nutriment qu'on oublie

L'eau régule la température, transporte les nutriments et permet à tout le système de fonctionner. Une déshydratation même légère peut nuire à la performance et au confort. On y revient plus loin, mais retenez déjà que boire régulièrement dans la journée, pas seulement pendant la course, fait une vraie différence.

Quoi manger avant une sortie

Le repas ou la collation avant l'effort a un objectif simple : remplir le réservoir sans alourdir la digestion. Le timing et le choix des aliments comptent autant que la quantité.

Le timing

  • 3 à 4 heures avant une sortie longue : un vrai repas équilibré, riche en glucides, modéré en protéines, faible en gras et en fibres pour éviter les inconforts.
  • 1 à 2 heures avant : une collation plus légère, surtout des glucides faciles à digérer.
  • 30 minutes avant : au besoin, une petite bouchée rapide comme une banane ou quelques dattes.

Des exemples concrets

  • Un bol de gruau avec du sirop d'érable et une banane.
  • Une rôtie de pain avec du beurre d'arachide et un peu de miel.
  • Un bagel avec un filet de confiture et un café.
  • Un yogourt avec des fruits et une poignée de céréales.

Pour les sorties matinales très courtes (moins de 45 minutes), plusieurs coureurs partent le ventre presque vide sans problème. Pour les efforts plus longs ou intenses, un peu de carburant avant améliore nettement le ressenti. Si vous voulez estimer vos besoins énergétiques quotidiens, notre calculateur de calories donne un bon point de départ.

La nutrition pendant l'effort

Pour la majorité des sorties de moins de 60 à 75 minutes, l'eau suffit et vos réserves de glycogène font le travail. C'est au-delà de cette durée que la stratégie de ravitaillement devient importante.

Combien de glucides par heure

Sur une longue distance, l'objectif est de fournir un apport régulier de glucides pour retarder l'épuisement des réserves. Les repères généralement cités :

  • Efforts de 1 à 2 heures : environ 30 à 60 g de glucides par heure.
  • Efforts de plus de 2 à 3 heures (marathon, ultra) : jusqu'à 60 à 90 g par heure, à condition d'avoir bien entraîné son système digestif.

Ces quantités se prennent en petites doses réparties, pas d'un seul coup. L'important est la régularité : mieux vaut commencer à se ravitailler tôt plutôt que d'attendre d'avoir « le mur » devant soi.

Gels, boissons et solutions maison

  • Les gels énergétiques : pratiques et concentrés, ils s'accompagnent idéalement de quelques gorgées d'eau pour faciliter la digestion.
  • Les boissons pour sportifs : elles fournissent glucides et électrolytes en même temps que l'hydratation.
  • Les options naturelles : dattes, bananes, fruits séchés, oursons gélifiés ou même un petit sac de sirop d'érable pur, un classique bien de chez nous.

Peu importe le produit, la règle d'or reste la même : on teste tout à l'entraînement, jamais le jour de la course.

La récupération après la course

La récupération commence dès que vous arrêtez de courir. Bien manger après l'effort aide vos muscles à refaire leurs réserves et à se réparer, surtout après une sortie intense ou longue.

La fenêtre de récupération

On parle souvent d'une fenêtre de 30 à 60 minutes après l'effort où le corps est particulièrement efficace pour reconstituer le glycogène et amorcer la réparation musculaire. Cette fenêtre est surtout cruciale quand vous enchaînez deux entraînements rapprochés. Pour un coureur récréatif qui court une fois par jour, l'essentiel reste de bien manger dans les heures qui suivent, sans stress excessif sur le chronomètre.

Le bon ratio glucides-protéines

Une collation ou un repas de récupération efficace combine glucides (pour refaire les réserves) et protéines (pour réparer les muscles). Un ratio souvent suggéré tourne autour de 3 à 4 portions de glucides pour 1 de protéines. Quelques idées simples :

  • Un verre de lait au chocolat, un classique étonnamment complet.
  • Un yogourt grec avec des fruits et du granola.
  • Un smoothie banane, lait et beurre d'arachide.
  • Un sandwich au poulet ou aux oeufs avec un fruit.

Hydratation et électrolytes

L'hydratation ne se limite pas à boire quand on a soif. Sur les longues distances et par temps chaud, on perd aussi des électrolytes, principalement du sodium, par la sueur.

  • Avant : arrivez bien hydraté; buvez normalement dans les heures qui précèdent sans vous gaver juste avant le départ.
  • Pendant : buvez régulièrement de petites gorgées. Pour les efforts de plus d'une heure, surtout par temps chaud, une boisson avec électrolytes aide à maintenir l'équilibre.
  • Après : réhydratez-vous progressivement et pensez à remplacer le sodium perdu, notamment si votre chandail est couvert de traces de sel.

Attention à l'excès inverse : boire trop d'eau pure sur une très longue distance, sans électrolytes, peut aussi causer des problèmes. L'équilibre, encore une fois, est la clé.

La charge en glucides avant un marathon

La fameuse « charge en glucides » (ou carbo-loading) consiste à augmenter ses réserves de glycogène dans les jours précédant une course longue, typiquement un marathon. L'idée n'est pas de manger deux fois plus, mais d'augmenter la proportion de glucides tout en réduisant le volume d'entraînement.

  • On l'applique surtout pour les épreuves de plus de 90 minutes; pour un 5 ou 10 km, elle n'apporte pas grand-chose.
  • Dans les 2 à 3 jours avant la course, on privilégie pâtes, riz, pain, patates et fruits, en réduisant les gras et les fibres difficiles à digérer.
  • On maintient les portions raisonnables : le but est de remplir les réserves, pas de se sentir lourd au départ.

Le fameux « souper de pâtes » de la veille est agréable et symbolique, mais la charge se construit sur plusieurs jours, pas en un seul repas gargantuesque.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • Tester du nouveau le jour J. C'est l'erreur classique. Un gel inconnu, un déjeuner inhabituel ou une boisson jamais essayée peuvent ruiner une course. Tout se valide à l'entraînement.
  • Partir à jeun sur une longue distance. Sauf stratégie précise, courir longtemps sans carburant mène souvent au mur.
  • Attendre d'avoir soif ou faim. Sur les longues sorties, la faim et la soif arrivent souvent trop tard. Mieux vaut anticiper.
  • Trop manger juste avant de partir. Un gros repas non digéré cause crampes et inconforts.
  • Négliger la récupération. Sauter la collation d'après-course, surtout entre deux entraînements, nuit à la progression.
  • Copier le plan d'un autre. Ce qui fonctionne pour un ami peut ne pas vous convenir. La nutrition sportive s'individualise.

Des collations québécoises pratiques

Pas besoin de produits importés hors de prix pour bien se ravitailler. Le Québec regorge d'options simples et efficaces :

  • Des dattes ou du sirop d'érable pur comme source de glucides rapides.
  • Une barre tendre maison à l'avoine et aux canneberges.
  • Du yogourt grec local avec des bleuets du Lac-Saint-Jean.
  • Un morceau de fromage et des craquelins pour la récupération.
  • Une compote de pommes du Québec en gourde, pratique à transporter.
  • Du lait au chocolat pour refaire le plein après l'effort.

Vous cherchez du matériel, des gels ou des conseils sur mesure? Faites un tour du côté de nos boutiques spécialisées un peu partout dans la province. Et pour vous fixer un objectif concret, jetez un oeil au calendrier des courses : une date de course, c'est souvent la meilleure motivation pour peaufiner sa préparation, nutrition comprise.

Conclusion

Bien manger pour courir n'a rien de compliqué : des glucides pour le carburant, des protéines pour réparer, une hydratation régulière et surtout une stratégie testée à l'entraînement. Adaptez ces repères à votre corps, vos distances et vos préférences, et n'hésitez pas à consulter une nutritionniste si vous visez un objectif ambitieux. Prêt à mettre tout ça en pratique? Trouvez votre prochain défi dans le calendrier des courses au Québec et transformez votre préparation en performance.

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Photo : Pexels

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