
Prochaines courses
Chargement…

Vous avez passé les quatre derniers mois à accumuler les kilomètres, à vous lever avant le soleil et à repousser vos limites. Le marathon approche, et pourtant, la meilleure chose que vous puissiez faire dans les deux dernières semaines, c'est d'en faire moins. Beaucoup de coureurs paniquent à cette idée : réduire son volume juste avant la course la plus importante de l'année, ça semble contre-intuitif. C'est pourtant l'un des principes les mieux appuyés par la science de l'entraînement.
Choisis ta réponse
Cette période s'appelle l'affûtage, ou le taper en anglais. Bien géré, il vous permet d'arriver sur la ligne de départ frais, reposé et prêt à donner votre plein potentiel. Mal géré, il peut gâcher des mois de préparation. Voici comment aborder ces deux semaines cruciales, jour par jour, sans tomber dans les pièges classiques.
L'affûtage est une réduction progressive de la charge d'entraînement dans les semaines qui précèdent une compétition importante. L'objectif n'est pas de perdre votre condition physique, mais de laisser votre corps récupérer complètement de l'accumulation de fatigue générée par des mois d'entraînement intensif.
Le principe repose sur ce qu'on appelle la surcompensation. Pendant votre préparation, chaque sortie longue et chaque séance d'intervalles crée de micro-dommages musculaires, vide vos réserves de glycogène et sollicite votre système nerveux. Vous vous entraînez dans un état de fatigue chronique, ce qui masque votre véritable niveau de forme. En réduisant la charge, vous donnez enfin au corps le temps de réparer les tissus, de reconstituer les réserves d'énergie et de renforcer les adaptations acquises. Le résultat : vous devenez plus fort pendant que vous vous reposez.
Les études sur le sujet sont assez unanimes. Un affûtage bien mené peut améliorer la performance de 2 à 6 %, ce qui, sur un marathon, peut représenter plusieurs minutes. Pour un coureur qui vise 3 h 30, une amélioration de 3 % correspond à environ six minutes. Ça ne se refuse pas.
La règle d'or de l'affûtage tient en une phrase : on coupe le kilométrage, mais on garde la vitesse. C'est l'erreur que font beaucoup de coureurs de croire qu'il faut tout ralentir. Au contraire, maintenir un peu d'intensité indique à votre corps de conserver ses adaptations et vous garde alerte.
Concrètement, voici comment répartir la réduction :
Si votre plan marathon était bien construit, il inclut déjà cette réduction progressive. Faites-lui confiance et résistez à l'envie d'en rajouter.
Votre plus longue sortie, celle qui approche ou dépasse les 30 kilomètres, devrait avoir lieu trois semaines avant le marathon, pas plus tard. C'est le dernier gros stimulus dont votre corps a besoin, et il faut lui laisser amplement le temps de récupérer.
Deux semaines avant la course, vous pouvez encore faire une sortie longue, mais nettement réduite : de 18 à 24 kilomètres à allure facile suffisent. La fin de semaine précédant immédiatement le marathon, limitez-vous à 12 à 16 kilomètres tranquilles. L'idée n'est plus de construire, mais d'entretenir. Chaque kilomètre supplémentaire à ce stade ajoute de la fatigue sans apporter le moindre bénéfice pour le jour J.
Voici un exemple de déroulement pour la dernière semaine, en supposant un marathon le dimanche. Ajustez-le à votre réalité, mais la logique reste la même : peu de volume, un soupçon d'intensité en début de semaine, puis du repos.
Vos muscles stockent l'énergie sous forme de glycogène, et vos réserves sont limitées : elles s'épuisent typiquement autour du 30e kilomètre, ce fameux mur du marathon. La charge en glucides vise à maximiser ces réserves avant la course.
Pas besoin de la méthode extrême des années 1970 avec sa phase de privation. L'approche moderne est simple : durant les deux ou trois jours précédant la course, augmentez la proportion de glucides dans votre alimentation pour atteindre environ 8 à 10 grammes par kilo de poids corporel par jour. Puisque vous courez moins pendant l'affûtage, vous brûlez moins d'énergie, ce qui favorise le remplissage des réserves.
Pour approfondir la question de l'alimentation avant, pendant et après l'effort, consultez notre guide complet sur la nutrition du coureur.
Si l'affûtage a un secret, c'est le sommeil. C'est pendant que vous dormez que votre corps répare les tissus et consolide les adaptations. Visez à accumuler du bon sommeil tout au long des deux semaines, pas seulement la veille de la course.
C'est important, car il est fréquent de mal dormir la nuit précédant un marathon : nervosité, réveil très matinal, adrénaline. Cette mauvaise nuit n'aura pas d'impact réel sur votre performance si les nuits antérieures étaient bonnes. C'est le sommeil des jours 3, 4 et 5 avant la course qui compte le plus. Faites-en une priorité dès le début de l'affûtage.
Pendant l'affûtage, presque tout le monde traverse une phase étrange où les jambes se sentent lourdes, raides, parfois même douloureuses. On appelle ça parfois les jambes de taper. Rassurez-vous : c'est parfaitement normal et ce n'est pas un signe de mauvaise forme.
Ce phénomène s'explique par le changement soudain de charge. Votre corps, habitué à un stimulus quotidien important, réagit à la baisse d'activité. Les muscles amorcent leur processus de réparation profonde et peuvent se sentir bizarres. Ça passera, souvent juste à temps pour la course.
Sur le plan mental, l'affûtage joue aussi des tours. Avec moins de course, on rumine davantage, on doute, on scrute chaque petite sensation. Voici quelques repères :
La veille de la course, votre repas principal devrait être pris plutôt au dîner ou en début de soirée, pas trop tard, pour laisser le temps à la digestion. Optez pour un repas riche en glucides, modéré en gras et en protéines, et sans surprise.
La règle absolue : rien de nouveau la veille ni le matin de la course. Mangez ce que vous avez déjà testé lors de vos sorties longues.
Un bon marathon se prépare aussi dans les détails de la dernière matinée. Réduisez le stress en planifiant tout à l'avance :
L'affûtage semble simple, mais c'est justement là que beaucoup de coureurs dérapent. Voici les pièges les plus fréquents :
L'affûtage, c'est l'art de faire confiance au travail déjà accompli. Après des mois de discipline, ces deux dernières semaines vous demandent surtout de lâcher prise, de vous reposer et de laisser votre corps révéler la forme que vous avez patiemment construite. Réduisez le volume, gardez un peu d'intensité, dormez bien, mangez ce que vous connaissez et évitez les expérimentations de dernière minute. Le reste suivra sur la ligne de départ.
Prêt à mettre ces conseils en pratique ? Consultez le calendrier des courses au Québec pour trouver votre prochain marathon et transformez tout ce travail en un dossard bien mérité. Retrouvez aussi tous les marathons au Québec pour planifier votre saison. Bonne course !
Explore le calendrier complet des courses, les parcours GPS et les outils gratuits de CourseQuébec.
Photo : Pexels