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Coureuse débutante s'étirant au bord d'un sentier au Québec
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Les erreurs les plus fréquentes des nouveaux coureurs

Sébastien Ross·25 juin 2026·8 min

On dit souvent que la course à pied est le sport le plus simple du monde : il suffit d'enfiler ses souliers et de sortir. C'est vrai en partie, et c'est justement ce qui la rend si attirante. Mais cette simplicité apparente cache quelques pièges dans lesquels presque tous les nouveaux coureurs tombent un jour ou l'autre. La bonne nouvelle, c'est que ces erreurs sont bien connues, faciles à reconnaître et surtout faciles à corriger.

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Que vous en soyez à votre première semaine de course ou à vos premiers mois, cet article n'a rien d'un jugement. Personne ne débute en faisant tout parfaitement, et chaque coureur d'expérience a lui aussi commis la plupart de ces erreurs à ses débuts. L'idée ici, c'est simplement de vous faire gagner du temps, de vous éviter des blessures et de vous garder motivé assez longtemps pour tomber en amour avec la course. Voici les faux pas les plus fréquents, et comment les contourner.

1. Partir trop vite

C'est de loin l'erreur numéro un. Porté par l'enthousiasme du départ, on s'élance à un rythme qu'on ne peut pas tenir, et on se retrouve essoufflé après quelques minutes, convaincu qu'on n'est simplement pas fait pour courir. Le problème n'est pas votre condition physique, c'est votre allure de départ.

  • Courez à un rythme où vous êtes capable de tenir une conversation. Si vous ne pouvez pas dire trois ou quatre mots d'affilée, vous allez trop vite.
  • N'ayez pas peur de ralentir, voire de marcher quelques instants. L'alternance course-marche est une méthode parfaitement valable pour débuter.
  • Rappelez-vous que la vitesse viendra toute seule avec les semaines. À vos débuts, l'objectif est la durée et la régularité, pas le chrono.

2. Augmenter le volume trop rapidement

Une fois les premières sorties passées, on se sent invincible et on veut tout de suite courir plus loin, plus souvent. C'est précisément là que le corps proteste. Les muscles s'adaptent vite, mais les tendons, les articulations et les os ont besoin de plus de temps pour se renforcer.

  • Appliquez la règle des 10 pour cent : n'augmentez pas votre kilométrage hebdomadaire total de plus de 10 pour cent d'une semaine à l'autre.
  • Prévoyez une semaine plus légère toutes les trois ou quatre semaines pour laisser le corps consolider ses gains.
  • La progression n'est jamais linéaire : mieux vaut avancer lentement et sans interruption que de bondir puis de devoir tout arrêter à cause d'une blessure.

3. Négliger le repos et la récupération

Beaucoup de débutants croient que plus on court, plus on progresse. En réalité, les progrès se construisent pendant le repos, quand le corps répare et renforce ce qui a été sollicité. Courir tous les jours sans jamais souffler mène tout droit à l'épuisement ou à la blessure.

  • Gardez au moins un ou deux jours de repos complet par semaine, surtout au début.
  • Dormez suffisamment : le sommeil est votre meilleur outil de récupération, et de loin le moins cher.
  • Le repos actif, comme une marche, un peu de vélo ou du yoga, est une excellente façon de bouger sans surcharger vos jambes.

4. Courir avec de mauvais souliers

Courir avec de vieilles espadrilles usées ou avec un modèle mal adapté à votre pied est une cause fréquente d'inconfort et de blessures. Vos souliers sont le seul véritable équipement dont vous avez besoin : ça vaut la peine d'y mettre un peu de soin.

  • Visitez une boutique spécialisée en course à pied, où l'on pourra observer votre foulée et vous conseiller un modèle adapté.
  • Choisissez le confort avant le style ou la couleur : un soulier doit se sentir bien dès le premier essayage.
  • Remplacez vos souliers après environ 600 à 800 kilomètres, avant que l'amorti soit complètement mort.

Pour aller plus loin, consultez notre guide pour choisir ses souliers de course.

5. Ignorer la douleur

Il faut apprendre à distinguer l'inconfort normal de l'effort d'une vraie douleur qui envoie un signal d'alarme. Serrer les dents et continuer coûte que coûte, c'est la meilleure façon de transformer un petit bobo en blessure sérieuse qui vous tiendra loin des sentiers pendant des semaines.

  • Une douleur qui augmente pendant la course, qui vous fait boiter ou qui modifie votre foulée doit vous faire arrêter.
  • Une gêne diffuse dans les muscles, qui disparaît en s'échauffant, est généralement bénigne.
  • Une douleur qui persiste plus de quelques jours mérite l'avis d'un physiothérapeute ou d'un médecin. Consulter tôt, c'est repartir plus vite.

6. Se comparer aux autres

Avec les réseaux sociaux et les applications qui partagent les performances de tout le monde, il est tentant de mesurer sa valeur à l'aune des autres. Or, chaque coureur a son histoire, son bagage sportif, son âge et son horaire. Se comparer ne fait que miner la motivation et pousse souvent à en faire trop.

  • Votre seul point de comparaison utile, c'est vous-même il y a un mois ou trois mois.
  • Tenez un petit journal de vos sorties : voir le chemin parcouru est une source de fierté bien plus solide que le classement des autres.
  • Célébrez vos propres victoires, même modestes : une première sortie de vingt minutes sans marcher, c'est un exploit qui vous appartient.

7. Sauter l'échauffement

Pressé par le temps, on part souvent à froid, à pleine vitesse. Le corps n'aime pas ces départs brusques : les muscles sont raides, le coeur n'est pas prêt, et le risque de faux mouvement augmente. Quelques minutes de préparation changent tout.

  • Commencez chaque sortie par cinq à dix minutes de marche rapide ou de jogging très lent.
  • Ajoutez quelques mouvements dynamiques, comme des montées de genoux ou des talons-fesses, pour réveiller les jambes.
  • Gardez les étirements longs et statiques pour après la course, quand les muscles sont chauds.

Notre article sur comment bien s'échauffer détaille une routine simple à adopter.

8. Mal s'hydrater et mal s'alimenter

On sous-estime souvent l'importance de ce qu'on met dans le corps, surtout à mesure que les sorties s'allongent. Courir déshydraté ou le ventre vide gâche le plaisir et nuit à la récupération, tandis qu'un repas trop lourd juste avant provoque des inconforts.

  • Buvez de l'eau régulièrement dans la journée, pas seulement pendant l'effort. Par temps chaud et humide, comme nos étés québécois, redoublez d'attention.
  • Mangez une petite collation légère en glucides une heure ou deux avant une sortie plus longue.
  • Après la course, combinez glucides et protéines dans l'heure qui suit pour refaire vos réserves et réparer les muscles.

9. En faire trop, trop tôt

C'est la conséquence de plusieurs erreurs précédentes réunies : trop de volume, trop d'intensité, pas assez de repos. Le corps encaisse un moment, puis lâche, souvent sous forme d'une blessure de surcharge comme une périostite tibiale, une tendinite ou une douleur au genou.

  • Résistez à l'envie d'en faire toujours plus. La patience est une véritable qualité athlétique.
  • Introduisez les nouveautés une à la fois : soit vous allongez la distance, soit vous augmentez l'intensité, jamais les deux la même semaine.
  • Écoutez les signaux de fatigue persistante : sommeil perturbé, jambes lourdes, motivation en chute. Ce sont des invitations à lever le pied.

Pour un tour d'horizon complet, voyez notre guide pour prévenir les blessures en course à pied.

10. Négliger le renforcement musculaire

Beaucoup de coureurs pensent que pour courir, il suffit de courir. Pourtant, un corps solide encaisse mieux les impacts, garde une meilleure posture en fin de parcours et se blesse moins. Le renforcement n'a rien de compliqué et ne demande que quelques minutes.

  • Intégrez deux courtes séances par semaine ciblant les fessiers, les cuisses, les mollets et le tronc.
  • Des exercices au poids du corps, comme les squats, les fentes, les ponts et le gainage, suffisent amplement pour débuter.
  • Un bassin et un tronc gréés solidement stabilisent toute la foulée et protègent les genoux et les hanches.

11. Ne pas se fixer d'objectif

Courir sans but précis fonctionne un temps, mais la motivation finit souvent par s'essouffler quand on n'a rien vers quoi tendre. Un objectif clair donne un sens à chaque sortie, même celles où l'envie n'est pas au rendez-vous.

  • Fixez-vous un objectif concret et atteignable : courir cinq kilomètres sans arrêt, ou terminer une première course officielle.
  • Inscrivez-vous à un événement : rien de tel qu'une date au calendrier pour rester assidu à l'entraînement.
  • Découpez votre grand objectif en petites étapes hebdomadaires, plus faciles à célébrer et à mesurer.

Jetez un oeil au calendrier des courses pour trouver une épreuve qui vous inspire.

Conclusion

Aucune de ces erreurs n'est grave en soi, et les commettre fait partie du parcours normal de tout coureur. Ce qui compte, c'est de les reconnaître, de les corriger et de continuer d'avancer à votre rythme, avec bienveillance envers vous-même. En partant plus lentement, en progressant graduellement, en respectant le repos et en écoutant votre corps, vous mettez toutes les chances de votre côté pour courir longtemps et avec plaisir. Et quand vous vous sentirez prêt à vous lancer un premier défi, allez faire un tour dans le calendrier des courses au Québec : une belle épreuve vous y attend sûrement.

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Photo : Pexels

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